PubGazetteHaiti202005

Au Palais national, la 223e Fête du Drapeau et de l’Université : le gouvernement appelle à l’unité, au savoir et à la reconstruction nationale

Alix Didier Fils-Aimé, premier ministre

La célébration de la Fête du Drapeau et de l’Université s’est tenue dans une atmosphère solennelle ce 18 mai 2026, autour du thème : « Ansanm ak Grenadye yo, ann fè drapo a flote pi wo ». Autorités étatiques, représentants diplomatiques et responsables académiques ont pris part à cette cérémonie marquée par des discours forts sur l’unité nationale, la crise sécuritaire et le rôle central de l’université dans la reconstruction du pays.

 

Une cérémonie placée sous le signe de la solennité nationale s’est déroulée au Palais national pour accueillir les festivités du 18 mai. Ministres, directeurs généraux, membres du corps diplomatique et consulaire, responsables d’institutions publiques ainsi que représentants de la presse ont répondu présents. Dans une atmosphère protocolaire, les différentes autorités ont été présentées, rappelant le caractère institutionnel et national de cette célébration. Ainsi, cette journée, à la fois historique et symbolique, a réuni les principales forces vives du pays autour du drapeau bleu et rouge.

Prenant la parole, le recteur de l’Université d’État d’Haïti, le professeur et chercheur Dieuseul Prédélus, a replacé la mission universitaire dans le contexte actuel de crise. Selon lui, l’université ne peut se limiter à la simple transmission académique, mais doit s’inscrire dans une véritable logique de service national. En ce sens, il a défendu l’idée d’un « patriotisme intellectuel », fondé sur la formation d’esprits critiques, indépendants et engagés au service de l’intérêt public. « Chaque salle de classe doit devenir un espace de citoyenneté, chaque laboratoire un atelier de solutions haïtiennes », a-t-il souligné, appelant à rompre la séparation entre savoir académique et réalités sociales du pays.

Par ailleurs, le recteur a salué la résilience des enseignants et chercheurs qui continuent de travailler malgré des conditions particulièrement difficiles. En effet, l’insécurité, le manque de ressources, l’exode des compétences ainsi que la dégradation des infrastructures ont été évoqués comme des défis majeurs auxquels fait face l’université. Toutefois, il a insisté sur le fait que l’institution demeure un pilier essentiel de la survie nationale. Ainsi, il a lancé un appel direct aux autorités en vue d’un accompagnement plus structuré de l’État, rappelant que l’Université d’État d’Haïti occupe une place stratégique dans l’avenir du pays.

De son côté, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, le professeur Vijonet Déméro, a rappelé la portée historique du drapeau haïtien. Il a souligné que le 18 mai ne se limite pas à une simple commémoration symbolique, mais constitue un rappel fort de l’unité nationale et de la lutte pour la liberté. Pour lui, la reconstruction du pays passe avant tout par une transformation profonde du système éducatif, intégrant notamment le numérique, la réforme curriculaire ainsi que la valorisation des compétences nationales.

Dans la même dynamique, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rendu hommage aux grandes figures de l’histoire nationale, rappelant que le drapeau haïtien est le fruit d’une lutte fondée sur l’unité, le courage et le sacrifice des ancêtres. Il a insisté sur le fait que cet héritage ne doit pas être seulement célébré, mais surtout protégé et prolongé par des actions concrètes dans le présent. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et institutionnels, il a appelé à une prise de conscience collective pour reconstruire l’État et renforcer la cohésion nationale. Comme il l’a souligné avec force : « Nou pa ka trayi san zansèt yo », « Drapo a se pa dekorasyon, li se responsablite », et « Se nan inite n ap rive fè Ayiti leve ».

Abordant ensuite la question des élections, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’un processus électoral crédible, sécurisé et respectueux de la volonté populaire. Selon lui, aucune démocratie ne peut se consolider dans le désordre ni sous la menace des armes, d’où l’importance de restaurer l’autorité de l’État avant toute consultation électorale. Il a également appelé les acteurs politiques et sociaux à faire preuve de maturité et de responsabilité pour éviter toute dérive. À cet effet, il a lancé un message clair : « San sekirite pa gen eleksyon serye », « Vòt pèp la pa dwe anba menas zam », et « Nou dwe chwazi lalwa, pa dezòd ».

Après les différentes allocutions officielles, la cérémonie s’est poursuivie avec une séquence artistique et symbolique marquée par des chorégraphies présentées par des jeunes. Dans un premier tableau, une jeune femme incarnant Haïti a livré une performance émotive, traduisant à la fois la souffrance du pays et sa capacité de résilience face aux épreuves. À travers des gestes expressifs et une mise en scène forte, elle a symbolisé une nation meurtrie mais debout, portée par l’espoir et la volonté de survivre. Dans un second tableau, une parade de jeunes garçons vêtus de tenues aux couleurs nationales a mis en valeur le drapeau haïtien avec discipline et fierté, illustrant l’attachement de la jeunesse aux valeurs patriotiques.

 

Une mise en scène qui rappelle que, malgré les difficultés, la fierté nationale demeure vivante et profondément ancrée dans le cœur des Haïtiens.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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